mercredi 23 septembre 2009

Felix Faure

Félix Faure
Le "Président Soleil"


FELIX Faure est né à Paris le 30 janvier 1841. Il fut un homme politique français, président de la République française (17 janvier 1895 - 16 février 1899) sous la Troisième République.
Félix Faure était le fils d'un fabricant de meubles du quartier Saint-Denis, assez aisé.
Il fut apprenti tanneur en Touraine, puis ouvrier aux tanneries du Havre.
Il fait partie des quelques hommes nouveaux choisis pour leurs vertus qui trouveront dans le "grand ministère" l'occasion d'une entrée politique : à peine élu, pour la première fois, député de la troisième circonscription du Havre (Union républicaine), il est nommé sous-secrétaire d'Etat au Commerce et aux Colonies. Est-il un inconnu ? Pas pour Gambetta qui l'a nommé le 18 novembre 1870 chef de bataillon de mobiles, commandant le dépôt de Seine-Inférieure. Le président du Conseil sait fort bien que l'ancien élève de l'école professionnelle de Pompée, l'ex-apprenti tanneur, est un franc-maçon éprouvé, maître dans la loge du Havre dès 1867 et payant régulièrement ses cotisations à la loge Aménité. Il est de la cohorte des Léon Bourgeois et des Lanessan. Mais comme beaucoup d'hommes politiques, il avait laissé son adhésion "en sommeil" : une taupe de la maçonnerie, en quelque sorte. Ni Loubet ni Fallières n'en faisaient partie, pas plus que le jeune Raymond Poincaré. Ni Clemenceau, ni Aristide Briand, ni Waldeck-Rousseau n'étaient membres, et les plus connus des maçons, Millerand et Paul Doumer, n'étaient pas d'une fidélité à toute épreuve. Il reste que beaucoup de parlementaires obscurs avaient reçu leur baptême républicain dans les loges dont ils étaient les représentants à la Chambre ou au Sénat que présidait à la fin de sa carrière le prince de l'école laïque, le frère Jules Ferry. Par ailleurs, la puissance des maçons s'illustre par le fait que depuis la présidence de Félix Faure, ils investissent constamment, pendant et après l'affaire Dreyfus, les conseils de gouvernement. Pour eux comme pour les autres formations politiques, le combat pour ou contre Dreyfus a été une fin, non un moyen.
Parce qu'il estime impossible de jouer son rôle et qu'il refuse d'appeler au pouvoir un radical, le grand bourgeois Casimir-Perier abandonne l'Elysée en janvier 1895. Il est remplacé par le modéré Félix Faure, qui l'emporte sur le radical Brisson. Le ballet des présidents du Conseil reprend : le radical Bourgeois après le modéré Ribot. Le projet d'impôt sur le revenu, avancé timidement par Ribot, plus fermement par le ministre des Finances, le radical Paul Doumer, mobilise contre lui les sénateurs qui donnent le signal de la danse du scalp : l'épouvantail fiscal ramène la majorité à droite.
Félix Faure, dont on a dit qu'il était plus célèbre par sa mort que par sa vie, mourut accidentellement d'une crise d'apoplexie au palais de l'Elysée le 16 février 1899, dans les bras de sa maîtresse.
En 1897, il rencontre, à Chamonix, Marguerite Steinheil, épouse du peintre Adolphe Steinheil auquel est confiée une commande officielle. De ce fait, Félix Faure se rendra souvent Impasse Ronsin, à Paris, à la Villa "Le Vert Logis" où réside le couple Steinheil. Bientôt, Marguerite devient la maîtresse de Félix Faure et le rejoint régulièrement dans le "salon bleu" du Palais de l'Elysée.
Le 16 février 1899, Félix Faure appelle Marguerite au téléphone et lui demande de passer le voir en fin d'après-midi. Quelques instants après son arrivée, les domestiques entendent un coup de sonnette éperdu et accourent : allongé sur un divan, le président râle tandis que Marguerite Steinheil rajuste ses vêtements en désordre. Félix Faure meurt quelques heures plus tard.
Marguerite Steinheil fut alors surnommée la "Pompe Funèbre". Georges Clemenceau aurait dit de lui (mot rapporté sous diverses formes) : "Il voulait être César, il ne fut que Pompée", allusion au goût du président pour le faste dont les satiristes de l'époque avaient coutume de se moquer. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise.
Les communiqués officiels transforment sa mort en une terrible agonie et ne mentionnent pas la présence de la célèbre Marguerite Steinheil. Deux jours plus tard, Emile Loubet est élu président de la République. L'histoire retient que lorsque le médecin arriva, il demanda : "Le Président a-t-il toujours sa connaissance ?" et la réponse fut : "Non, Monsieur, on l'a faite sortir par une porte dérobée".
La victime, Félix Faure, était un bel homme de 58 ans avec une fine moustache tournée à la façon de Guy de Maupassant. Ses contemporains le surnommaient affectueusement le "Président Soleil" en raison de son amour du faste.
La rumeur publique crut d'abord que sa compagne des derniers instants était Cécile Sorel, une actrice célèbre du moment. On sut dix ans après qu'il s'agissait d'une demi-mondaine du nom de Marguerite Steinheil.
Ses funérailles s'accompagnent d'une tentative de coup d'Etat - en vue de faire la guerre à l'Allemagne - plus que ratée de la part de la Ligue des patriotes et du nationaliste Paul Déroulède, fâchés de voir Emile Loubet lui succéder. Paul Déroulède est temporairement banni.. En effet, deux jours après la mort de Félix Faure, les députés et les sénateurs réunis en Congrès à Versailles élisent son successeur, Emile Loubet, connu pour être dreyfusard. Le nouveau président est aussitôt conspué aux cris de "Elu des Juifs !".
On prête aussi à Georges Clemenceau la phrase suivante : "Félix Faure est retourné au néant, il a dû se sentir chez lui".
Il est vrai que le président n'avait rien accompli de marquant même s'il possède aujourd'hui une belle avenue parisienne et une station de métro à son nom.
Son mandat est marqué par l'éclatement de "l'affaire Dreyfus", cet officier juif faussement accusé par l'armée française de trahison. Emile Zola fait paraître son célèbre "J'accuse", qui est en réalité une lettre ouverte adressée au Président en faveur du jeune militaire. Mais Félix Faure demeure hostile à toute révision du procès. A la suite de sa lettre ouverte intitulée "J'accuse" publiée dans le journal l'Aurore, l'écrivain Emile Zola est condamné par la cour d'assises de Versailles à un an de prison et 30 000 francs d'amende pour avoir attaqué le président de la République Félix Faure. Zola qui se déclarait pourtant prêt à affronter ses juges préfère l'exil et se réfugie à Londres. Il sera radié de la liste des officiers de la Légion d'honneur.
Par ailleurs, Félix Faure contribue fortement au rapprochement franco-russe, accueillant le tsar Nicolas II. Il participe également à l'expansion coloniale avec la conquête de Madagascar. En revanche, les rapports avec l'Angleterre sont plus tendus suite à l'incident de Fachoda : son gouvernement dut céder aux Anglais le Soudan après le bras de fer de Fachoda.


Mandats électifs


Industriel prospère au Havre, Félix Faure décide de se lancer dans la politique :
  • 1870 : élu au Conseil municipal du Havre
  • 1881-1895 : député républicain modéré au Havre
  • 17 janvier 1895 : élu président de la République, après la démission de Jean Casimir-Perier
Il a été dit qu'il fut élu président car il représentait le choix le moins dérangeant pour l'ensemble des partis.



Fonctions gouvernementales


  • 1881-1882 : sous-secrétaire d'Etat au commerce et aux colonies
  • 1883-1885, puis 1888 : sous-secrétaire d'Etat à la marine
  • 1894-1895 : ministre de la marine

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